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jeudi 18 décembre 2014

Pain d'épices à l'ananas


Au travail, depuis peu nous avons un stagiaire. Un charmant jeune homme plein de tact et de délicatesse. Comme à tous les stagiaires, selon la tradition, lui sont dévolues les tâches les plus ingrates, dont notamment les photocopies et la fermeture du courrier, avec la collation des adresses. Cet après-midi, le prenant en pitié, je décidai de le prendre avec moi pour l'occuper à des besognes moins rébarbatives. Je fus aidé dans ce sacerdoce par une charmante collègue hautement dévouée. Tout en travaillant, nous tentâmes de lui faire partager nos expériences respectives. Il nous raconta qu'en ce moment, il préparait des examens et donc passait des nuits blanches à bachoter. Je le mis en garde, évoquant mon baccalauréat, j'étais arrivée tellement fatiguée aux épreuves que je fis une erreur en écrivant mon nom sur la copie. Curieux, il me demanda en quelle année se déroulaient les faits. Ce que je lui dis volontiers. Réaction de l'individu : "Warf, warf, s'esclaffa-t-il, sans blague, j'étais même pas né !" Et là, sans blague, je décidai que la tradition a parfois du bon, il a fait des photocopies pour le reste de la journée, et j'ai fait un pain d'épices.

pour un pain d'épices à l'ananas :
  • 130 g de farine T55
  • 100 de farine de blé semi-complète
  • 230 g de miel toutes fleurs
  • 110 g de lait
  • 85 g de sucre
  • 2 gros oeufs
  • 25 g d'ananas séché
  • 15 g de levure chimique
  • 2 c. à café de cannelle
  • 2 c. à café d'épices à pain d'épices
  • sel
Préchauffer le four thermostat 180°C.
Chauffer le miel et le sucre dans une casserole pour atteindre 55°C.
Mettre la farine, le sel, la levure et les épices dans un saladier, les mélanger.
Ajouter les oeufs et le lait et amalgamer. 
Ajouter le miel chaud en fouettant pour obtenir un mélange homogène.
Hacher l'ananas et ajoutez-le à la pâte.
Beurrer généreusement un moule à cake.
Verser la pâte dans le moule et faire cuire 45 minutes environ thermostat 180°C
A la sortie du four, démouler et laisser refroidir sur grille.






samedi 31 août 2013

Tartelettes aux prunes un peu nordiques


Je suis prudente au volant. Je ne dépasse pas les limitations de vitesse, je mets toujours le clignotant même sur les ronds-points, je roule bien de mon côté de la route, je ne téléphone pas, je ne mange pas, je ne bois pas en conduisant, bref, je fais attention. Ce n'est pas toujours le cas de mon tendre demi (je trouve que "chère moitié" ça fait un peu trop féminin) qui a une notion de la vitesse toute relative ("C'est limité à 90, tu peux rouler jusqu'à 100"). C'est bien pour cette raison que je lui dis souvent qu'il finira par perdre des points sur son permis. Cette année, nous sommes allés dans ma belle-famille comme tous les ans, en passant par le Massif Central, et notamment Mende. Pour ceux qui ne connaissent pas cette riante cité, il existe, à une des sorties de Mende, une longue ligne droite de quelques kilomètres, bordée de champs et de pâture, qui est encore comptée dans l'agglomération et qui est donc limitée à 50 km/h. Je conduisais donc tranquillement tout en devisant avec mon conjoint alors que les enfants dormaient gentiment à l'arrière, il faisait presque nuit, il était 21 heures, autant vous dire que la route n'était pas très encombrée. Je roulais aux alentours de 50 km/h. Je voyais le panneau de fin d'agglomération dans le pinceau de mes phares. Soudain, un flash m'éblouit. Zut, je venais de me faire mettre à l'amende. Un mois plus tard, j'appris à réception du courrier que la vitesse retenue était de 52km/h, ce qui me valait une belle amende à payer et 1 points de moins sur mon permis. Mais ce n'était pas la conséquence la plus grave. Depuis, chaque fois qu'il peut m'arriver de faire un commentaire sur la conduite de mon homme, l'air goguenard, il m'affirme :"La délinquante routière de la famille, ce n'est pas moi, j'ai encore tous mes points et je n'ai pas pris de prune !". Et bien puisque c'est comme ça, les prunes, je les mange en tarte.

Le caractère nordique de ces tartes vient de la pâte qui s'inspire de celle des pepparkakor, biscuits suédois dont je raffole et qu'on trouve dans de belles boîtes métalliques chez un marchand de meubles du même pays. La pâte est moins épicée que celle des biscuits pour qu'on sente le goût des prunes. Le goût épicé de la pâte relève les prunes et rend inutile l'utilisation de streusel ou de tout autre ingrédient. 

pour 4 tartelettes aux prunes un peu nordiques :

  • 125 g de farine
  • 50 g de sucre
  • 1 oeuf
  • 50 g de beurre mou
  • 1 c. à soupe de crème fraîche
  • pincée de sel
  • 1/2 c. à soupe de cannelle
  • 1/8 c. à café de girofle
  • 1/8 c. à café de gingembre
  • une trentaine de prunes (selon la taille)
  • 2 c. à soupe de sucre en poudre.
  • 2 c. à soupe d'amandes en poudre.
Mélanger la farine, le sucre, le sel et les épices.
Y ajouter le beurre coupé en dés et mélanger.
Incorporer la crème fraîche puis le beurre.
Former une boule, recouvrir d'un torchon et laisser reposer au moins 3 heures au réfrigérateur.
Préchauffer le four thermostat 190°C.
Sortir la pâte du réfrigérateur et l'étaler à 3 mm d'épaisseur.
Foncer les moules à tartelettes avec du papier cuisson et la pâte.
Piquer la pâte à la fourchette.
Mettre 1/c. à soupe d'amandes en poudre au fond de chaque tartelette.
Laver les prunes, les couper en deux et les dénoyauter. Les inciser légèrement.
Disposer les prunes sur les tartelettes incisions vers le haut.
verser 1/2 c. à soupe de sucre en poudre sur chaque tartelette.
Enfourner et cuire entre 15 et 20 minutes à 190°C.
Démouler sur grille et laisser refroidir. 


mercredi 19 décembre 2012

Renne moelleux au chocolat

- Dis Maman, les rennes, ce sont tous des garçons ?
- Non mon petit coeur, il y a des rennes garçons et des rennes filles.
- Mais pourtant on dit un renne, on dit ça même pour les filles ?
- Et oui, c'est comme une chouette, il y a des chouettes garçons et des chouettes filles.
- Les filles, c'est pas chouettes, elles tirent les cheveux.
- Bon, mauvais exemple, regarde les souris, il y a des souris garçons et des souris filles.
- Et les rennes de Papa Noël, ce sont des filles ou des garçons ?
- Ca dépend.
- Tornade, c'est une fille ?
- Non, c'est un garçon.
- Et Danseur, c'est un garçon ?
- Non, Danseur, c'est une fille.
- Et Furie, c'est une fille ?
- Non, c'est un garçon.
- Et Fringant, c'est un garçon ?
- Non, c'est une fille tu sais.
- Et Comète alors ?
- Comète, c'est un garçon comme Tonnerre, mais Cupidon et Eclair, ce sont des filles.
- Comment on sait alors si c'est un garçon ou une fille ?
- Et bien c'est simple, tu regardes ...
- Qu'est-ce qu'on regarde Maman (avec grand regard candide).
- Tu regardes les sabots, les filles ont toujours les sabots plus fins que les garçons.
- Tu es sure qu'ils ont des sabots Maman ?
- Heu oui, enfin presque, Chéri, ton fils a des questions sur les rennes !
Parce que moi, les seuls rennes que je fréquente, ils sont en chocolat.




pour 1 renne moelleux au chocolat :

  • 150 g de chocolat à pâtisser
  • 3 c. à soupe de crème fleurette
  • 120 g de beurre
  • 3 oeufs
  • 125 g de sucre en poudre
  • 125 g de farine
  • 1 pincée de sel
  • pour le glaçage : sucre glace, jus de citron et colorant alimentaire rouge, 2 pépites de chocolat
Préchauffer le four thermostat 180 °C.
Faire fondre le chocolat au bain-marie, y ajouter la crème et le beurre, mélanger jusqu'a ce que le beurre soit intégralement fondu. Réserver.
Casser les oeufs en séparant les blancs des jaunes.
Fouetter au batteur les jaunes avec le sucre jusqu'à ce que le mélange blanchisse.
Ajouter le chocolat au mélange oeufs - sucre. Bien mélanger.
Incorporer la farine pour obtenir une pâte lisse.
Monter les blancs en neige avec la pincée de sel.
Les incorporer délicatement au reste de la pâte.
Verser dans un moule en forme de renne (par exemple ici)
Cuire 35 minutes environ au four thermostat 180°C, à la fin de la cuisson, laisser refroidir sur grille.
Préparer le glaçage en mélangeant 3 c. à soupe de sucre glace avec quelques gouttes de jus de citron.
Passer le glaçage sur les parties blanches.
Coller les 2 pépites de chocolat pour faire les yeux.
Colorer le reste de glaçage en rouge et glacer les parties rouges.
Laisser durcir le glaçage.


mardi 21 février 2012

Beignets aux pommes





Il était une fois un père et son fils qui marchaient au bord d'une rivière. Le fils mangeait un beignet. Soit par inadvertance, soit par maladresse, il advint que le beignet chut dans l'eau. Le fils était très malheureux, privé de son goûter. Il se pencha sur l'eau et s'exclama en voyant son reflet qu'un petit garçon, comme le renard de la fable, s'était emparé de la douceur sucrée. Son père, dont le potentiel intellectuel valait celui de fils, se pencha aussi et s'emporta : "Eh, toi, quel père es-tu pour laisser ton fils voler le mien ?" Ils jetèrent des pierres et les deux voleurs disparurent. Conclusion : non seulement ils ne se regardaient pas souvent dans le miroir mais aussi les beignets ne développent pas la sagacité, seulement le plaisir gustatif.

pour une vingtaine de beignets :
  • 125 g de farine T55
  • 1 oeuf
  • 150 ml de lait
  • pincée de sel
  • 1 c. à soupe d'huile
  • huile pour la friture
Verser la farine en puits dans un saladier avec la pincée de sel.
Y délayer l'oeuf puis le lait petit à petit avec un fouet.
Laisser pauser au moins 1 heure.
Evider, peler et couper les pommes en rondelles.
Faire chauffer l'huile dans une poêle ou une casserole.
Tremper les rondelles de pommes dans la pâte et les faire cuire sur les 2 faces en les retournant dans l'huile chaude.
Poser les beignets cuits sur du papier absorbant et les sucrer.
Servir immédiatement.

samedi 4 février 2012

Cake pomme cannelle





Mala malus mala mala dat, comme disaient les Romains. Ou encore, le mauvais pommier donne de mauvaises pommes. Et voilà comment, à partir de poncifs pleins de préjugés, on peut éradiquer des familles entières de pommiers. Une saison de mauvaises pommes, un printemps douteux et voilà que l'arbre connaissait les drames de la hache et de la scie. Et pourtant j'en ai connu des pommiers inconstants, ceux dont les efforts étaient certes irréguliers, mais néanmoins régulièrement efficaces. Avec de tels proverbes, pas de deuxième chance, ou tu produis, ou tu te fais tailler, au sens propre du terme. Le tout est de définir ce qu'est une mauvaise pomme, est-ce une vilaine pomme ou une pomme sans goût ? J'espère qu'il s'agit du deuxième cas parce que sinon, beaucoup de pommiers bio risquent d'être condamnés. 
Pour dire la même chose, une de mes tantes avait une métaphore plus canine, les chiens ne font pas des chats. Biologiquement, elle avait raison, nous avons eu un certain nombre de canidés femelles, aucune n'a jamais mis bas de chat. Par contre, j'ai eu un chat qui se prenait pour un chien, il rapportait une balle, il aimait l'eau et venait quand on le sifflait. Et il aimait les pommes, même les vilaines.






pour un cake pomme cannelle :

  • 160 g de farine T65
  • 125 g de beurre à température ambiante
  • 125 g de sucre
  • 3 oeufs
  • 1 sachet de levure chimique
  • sel
  • 1 c. à café de cannelle
  • 2 pommes
Préchauffer le four thermostat 180°C.
La recette se réalise entièrement au batteur électrique.
Battre le beurre et le sucre ensemble.
Ajouter les oeufs 1 par 1.
Mélanger la farine, la cannelle, le sel et la levure chimique.
Ajouter les poudres cuiller par cuiller au mélange beurre-sucre-oeuf.
Peler, évider et couper les pommes en tranches fines, couper les tranches en deux.
Mélanger les pommes à la pâte avec une spatule.
Verser dans un moule à cake préalablement beurré.
Faire cuire à  180°C pendant 45 minutes, une lame piquée dans le cake ressort sans trace de pâte.
Démouler rapidement et laisser refroidir sur grille.

dimanche 22 janvier 2012

Pancakes à la vergeoise





Quand je faisais mes études, nous restions régulièrement pour étudier et réviser toute la nuit chez les uns ou les autres. Cette fois-là, nous étions chez un étudiant écossais aux talents culinaires limités. Et comme nous avions travaillé toute la nuit sur sur un texte de Tacite, il nous proposa d'"engloutir des pancakes" pour le petit déjeuner. J'ai avalé Terry Pratchett  juste après avoir dévoré Tolkien assez tôt dans mon enfance, j'étais une grande amatrice de fantasy. Aussi ai-je longtemps pensé que les pancakes étaient des gnomes aussi ladres que sournois. J'espérai de prime abord "qu'ingurgiter des gnomes" devait être la traduction littérale  d'une expression dont j'ignorais le sens mais dont le caractère imagé devait cacher quelque malice vivifiante pour l'esprit. Je connaissais son esprit aventureux pour la nourriture et nous avions déjà essuyé diverses catastrophes telles que les moules au lait, le ragoût de varech et autres étranges mixtures pour lesquelles il fallait beaucoup de whisky. Je souris poliment en guise d'acquiescement et attendit la suite en me disant que je pourrais toujours m'arrêter au marché en rentrant à la maison. Après un grand fracas de casserole et de vaisselle, il nous apporta sur la table une pile de petites crèpes et trois bocaux de confiture en nous disant : "C'est bien la seule chose que ma mère m'a appris à faire dans une cuisine." Devant le manque d'étonnement de mes camarades, je décidai d'adopter un profil bas comme si les pancakes faisaient déjà partie de mon arsenal culinaire. Ils étaient par ailleurs fort bons. Quand nous sortîmes pour nous rendre chez nous, une de mes condisciple me confia : "J'ai eu vraiment peur que "faire des pancakes" veuille encore dire qu'il faudrait manger quelque chose entre une soupe de sorcière ou un plat de troll. Tu avais l'air si calme que je n'ai rien dit."
Depuis, j'aime beaucoup les pancakes, et pas qu'au petit déjeuner.


pour une quinzaine de pancakes à la vergeoise :

  • 125 g de farine
  • 1 oeuf
  • 30 g de vergeoise
  • 1,5 c. à café de levure chimique
  • sel
  • 125 ml de lait
  • 1 c. à soupe d'huile.
Battre dans un saladier les oeufs avec la vergeoise et le sel. 
Ajouter l'huile et le lait.
Mélanger la farine et la levure chimique et les incorporer au mélange des oeufs.
Cuire aussitôt par cuillerée à soupe dans une crêpière à feu vif.
Servir avec de la confiture ou du sirop d'érable.

mercredi 4 janvier 2012

Galette des rois


J'ai au cours de ma carrière voyagé dans différentes régions de France. Bien qu'il me semblât maîtriser globalement ma langue maternelle, j'ai parfois été déroutée par certains termes vernaculaires. Un jour que je payai mes courses à la caisse d'un supermarché, je restai perplexe face à la charmante dame qui me proposait fort obligeamment un cornet. Il faisait chaud et je n'eusse pas refusé une glace, puis compris qu'il s'agissait d'un sac en plastique et rectifiait dans mon propre dialecte : "Ah, une poche !" Elle fixa celle de ma chemise d'un air interloqué. Lors de vacances à Paris, j'eus le tort de vouloir acheter dans une boulangerie deux chocolatines, espèce inconnue de la vendeuse qui finit par me servir deux pains au chocolat. La première fois que mon mari évoqua devant moi des garagnats, je crus qu'il parlait en terme délicat d'un quelconque parasite honteux, il s'agissait en fait d'enfants. Enfin, un 6 janvier, alors que nous devisions gaiement avec un collègue de nos projets vespéraux, il me confia d'un air gourmand : "Pour ce soir, j'ai une bonne petite gale à partager avec ma femme et les enfants." Ma première pensée fut pour ma grand-mère dont la malédiction préférée était : "Je lui souhaite la gale et les bras trop courts pour se gratter !" J'eus tout d'abord la vision d'une famille vésiculée et arborait sans doute un air effaré, puisqu'il crut bon de préciser : "Tu sais, une gale, pour les rois..." Les rois guérissaient les écrouelles, la gale était donc une galette ! Bonne idée, mangeons donc de la galette !

pour une galette des rois :
  • 600 g de pâte feuilletée
  • 100 g d'amandes en poudre
  • 100 g de sucre
  • 1 oeuf
  • 25 g de beurre fondu
  • 1 jaune d'oeuf et 1 c. à soupe de lait pour la dorure, 1 blanc d'oeuf pour la soudure
Mélanger dans un saladier les amandes avec le sucre et l'oeuf.
Ajouter le beurre fondu et refroidi, réserver.
Préchauffer le four thermostat 200°C.
Faire deux abaisses de pâte feuilletée, une de 22 cm et une de 24 cm.
Piquer l'abaisse de 22 cm et la poser sur une plaque à pâtisserie recouverte de papier sulfurisé.
Etaler la farce sur le fond en laissant 2 cm sur le pourtour environ.
Badigeonner le pourtour au blanc d'oeuf.
Déposer la seconde abaisse sur la première, souder les bords avec les dents d'une fourchette.
Strier délicatement le dessus de la galette avec la pointe d'un couteau.
Dorer avec le jaune d'oeuf et le lait.
Cuire 20 à 25 minutes à 200°C, laisser tiédir sur grille.

mercredi 15 juin 2011

Tartelette aux pommes



Toute mon enfance, j'ai entendu mon père vanter les mérites de la croustade aux pommes de sa grand-mère. Elle était d'une finesse incomparable, d'une saveur inimitable. Le dimanche, son doux parfum embaumait toute le maison d'une touche de fleur d'oranger. Elle étirait si finement la pâte qu'on voyait les dessins de la nappe au travers. Toute une mythologie familiale et culinaire qui a bercé mes premières années. La retraite venant, mon père se piqua de pâtisserie. Et après quelques tâtonnements enthousiasmement salués par nos vivats chaleureux, il décida de se jeter à corps perdu dans la réalisation de cet Everest sucré : la croustade aux pommes. La croustade, pour les néophytes, est une sorte de couronne aux pommes baptisées dans nos contrées "al cabessal" du nom du chiffon roulé que les femmes mettaient sur la tête pour aller chercher les cruches d'eau au puits. Il y passa la matinée et la moitié des contenus du placard. Au final, il arriva rouge et suant au dessert porteur de l'objet de sa quête culinaire. Le fumet en était ma foi assez bon. Mais il fallut se décider à couper. Et là, il nous fut impossible d'en venir à bout. Toutes nos tentatives échouèrent, y compris la scie à métaux. Les maçons égyptiens n'avaient pas fait de mélange plus solide que cet amalgame de farine, d'oeufs et de lait. Elle finit pas se casser en une multitude de bouts dont la dureté aurait permis à un muletier de bombarder un âne avec pour le faire avancer. Et c'est là que je compris qu'une tarte, finalement, peut présenter quelques dangers. Cette découverte me permit d'être en avance sur la cour de cassation qui attendit 2007 pour classer la tarte comme arme de sixième catégorie. Et si on fait des tartelettes, c'est moins grave ?







pour 6 honorables tartelettes aux pommes :


  • 125 g de farine T55
  • 2 jaunes d'oeufs durs
  • 75 g de beurre
  • 60 g de sucre en poudre
  • sel
  • garniture :
  • 3 pommes
  • 3 c. à soupe de sucre en poudre
  • 1/2 c. à café de cannelle
Passer les jaunes au tamis.
Mettre la farine dans un saladier, creuser un puits.
Y mettre tous les ingrédients et sabler.
Ajouter 1 à 2 cuillères d'eau froide et pétrir pour obtenir un mélanger homogène.
Fraiser.
Mettre en boule et laisser reposer 1 heure au réfrigérateur.
Préchauffer le four thermostat 180°C.
Peler et râper grossièrement les pommes.
Les mélanger avec le sucre et la cannelle.
Etaler la pâte à 3 mm d'épaisseur.
Découper 6 cercles, les déposer sur la plaque à pâtisserie recouverte de papier sulfurisé.
Piquer la pâte, y répartir le mélange de pommes râpées.
Mettre à cuire au four à 180°C pendant 20 minutes environ.


N.B. : Il est possible de mettre dans la pâte 1/4 de c. à café de muscade et 1/4 de c. à café de cannelle.



dimanche 22 mai 2011

Fantaisies aux fraises et chocolat blanc

Il est des déceptions et des trahisons dont on met du temps à se remettre. Victor Hugo et les fraises furent parmi les plus terribles de ma vie, avec celles du Père Noël et de la petite souris.  Dans mon adolescence exaltée, je lisais de la poésie romantique. Nous vivions alors sous d'autres latitudes et sur un autre continent. Un vers d'Hugo frappa un jour mon regard et mon oreille. "Un frais parfum sortait des touffes d'asphodèle ; / Les souffles de la nuit flottaient sur Galgala." C'est une fleur méditerranéenne, impossible d'en trouver alors. Je dus momentanément modérer mon impatiente envie de sentir la douce et suave fragrance. Cependant, ce vers me suivit comme un compagnon de rêverie. Quelques années plus tard, je me promenais avec mon père dans la campagne autour de chez eux. Comme souvent, il me détaillait la flore que nous croisions. Soudain, il lança : "Et ça, là, ce sont des asphodèles." Mon sang de fit qu'un tour, je me tournai aussitôt vers la fleur qu'il me montrait, m'attendant à trouver une plante magnifique de délicatesse, tranchant sur la nature environnante comme une perle dans un plat de coquillages. Las, la fleurette est très quelconque, blanche, 6 pétales, rien de remarquable, asphodelus fistulosus, précisa mon géniteur. L'évocation de la fistule me ramena quelque peu sur terre, je décidai de me pencher pour humer le doux parfum. Et là, j'évoque le souvenir avec un reste fragile d'émotion conservé comme une fleur séchée entre les pages d'une livre, ça pue horriblement ! Hugo m'avait menti ! Tout un pan s’effondrait ! Et la fraise dans tout cela ? Elle est également une vile traîtresse, la fraise n'est pas un fruit, mais un faux-fruit, à l'instar des faux-amis, faux-semblants, faux-plafonds, faux-frères. Les vrais fruits, ce sont les petits grains ! A elle je veux bien pardonner parce qu'elle a malgré tout bon goût, et comme Hugo était un amateur de confitures, de fraises également je suppose, je lui garde également un fond de tendresse. Surtout après avoir mangé des fantaisies aux fraises et au chocolat.




pour 6 fantaisies aux fraises et chocolat blanc raisonnables :

  • 250 g de fraises bien mûres
  • 1 c. à soupe de sucre semoule
  • 250 ml de crème fleurette
  • 2 feuilles de gélatines
  • 75 g de chocolat blanc à pâtisser
  • 2 c. à soupe de jus de fraise
  • 150 g de biscuits sec (spéculoos ou autre)
  • 40 g de beurre fondu
  • pour la décoration : 100 g de chocolat blanc
Cette recette participe au concours 
du dessert estival au chocolat 
organisé par le très bon blog (à tous les sens du terme)

    La veille :
    Faire fondre le chocolat dans la crème, réserver au réfrigérateur.
    Le jour même :
    Ecraser les biscuits, mélanger avec le beurre fondu.
    Verser au fond des cercles ou de papier sulfurisé enroulé pour former des cercles.
    Réduire les fraises en purées avec la c. à soupe de sucre.
    Faire mollir les feuilles de gélatines dans de l'eau froide.
    Chauffer le jus de fraises, y faire fondre la gélatine, mélanger avec la purée de fraises, réserver.
    Monter la crème fraîche au chocolat en chantilly.
    Incorporer délicatement la chantilly à la purée de fraises, verser dans les cercles.
    Mettre 3 heures au réfrigérateur.
    Faire fondre les 100 g de chocolat blanc au bain-marie.
    A l'aide d'un pinceau, "peindre" des bandes de 4 cm de large de chocolat blanc sur du papier sulfurisé, réfrigérer.
    Au bout de 10 minutes, quand le chocolat commence à prendre, appuyer pour marquer des rectangles tous les 3 cm environ au couteau pour pouvoir le découper ensuite, remettre au réfrigérateur.
    A moment de servir, ôter les cercles autour des fantaisies, découper les plaques de chocolat blanc, les disposer autour de la chantilly aux fraises. 

    mercredi 11 mai 2011

    Tarte rustique et variation sur pâte frolle

    Soir de match. Vingt deux hommes musclés, virils et dans la force de l'âge s'ébattent dans l'herbe joyeusement. Ce qui signifie, par ces hasards étranges de l'existence, plusieurs impératifs culinaires. Tout d'abord, aucune utilisation d'un quelconque engin à moteur faisant du bruit, sous peine de m'attirer des regards noirs de deux paires d'yeux et de me voir rincée d'un commentaire : "Maman, on peut entendre bien s'il te plaît ?" Ensuite, préparer quelque chose qui ne tache pas, et qui peut se manger à la main, parce que c'est bien connu, pour manger à la fourchette, il faut regarder dans son assiette, et donc quitter l'écran des yeux, et c'est à cela qu'on reconnaît la perfidie féminine qui pousse à cuisiner ces soirs là des petits pois ou encore des spaghettis à la bolognaise (conseil pratique : mettre sur la table une nappe en papier). Enfin, aucune préparation délicate, parce que mes actions étant ponctuées de hurlements "Et la main, tu l'as pas vue, la main, et l'arbitre ?" ou de cris divers et variés : "Tire, mais tire donc !", je manque parfois un tantinet de concentration. Parfois nos activités se téléscopent. En cuisine : "Et si je faisais une quiche ?" Au salon "P... mais c'est pas possible ça !", devant le four "Zut, la calzone est un peu trop cuite." Sur le canapé "Faut être manche pour rater ça !" Et si l'ASSE perd, brioche interdite, mon homme, emprunt de zénitude, fait des va-et-vient par la porte vitrée qu'il laisse ouverte à cet effet pour ne pas voir son équipe perdre, mais voir quand même au cas où ils reviendraient au score. Donc du rustique, et même une tarte rustique !



    pour une tarte rustique et variation sur pâte frolle :
    • 4 pommes
    • 2,5 c. à soupe de sucre roux en poudre
    • 1 sachet de sucre vanillé

    pour la pâte :
    • 125 g de farine T55
    • 1 oeuf
    • 75 g de beurre
    • 75 g de sucre en poudre
    • 75 g de noisettes en poudre
    • sel
    Mélanger la farine, les noisettes et le sel.
    Y creuser un puits, ajouter le beurre coupé en petits morceaux et l'incorporer.
    Ajouter l'oeuf, puis le sucre. 
    Pétrir vigoureusement jusqu'à obtention d'un mélange homogène.
    Rouler la pâte en boule et la laisser reposer 1 heure au réfrigérateur.
    Préchauffer le four thermostat 190°C.
    Etaler la pâte en un disque de 40 cm de diamètre environ, la transvaser sur la tôle à pâtisserie recouverte de papier sulfurisé.
    Peler, épépiner et couper les pommes en tranches fines.
    Disposer les pommes en rond sur la pâte en laissant 3 cm libres sur les bords.
    Parsemer les sucres sur les pommes.
    Rabattre le bord libre sur les pommes.
    Mettre à cuire 20 minutes environ à 190°C.

    N. B. : Il est possible de remplacer les pommes par tous les autres fruits tartables bien sûr, pour les fruits juteux type prune ou abricots, parsemer le fond de tarte de biscuits (spéculoos ou sablés) écrasés.
    La pâte frolle, telle que la recette m'a été transmise, se fait à l'origine avec des amandes en poudre. Il est possible d'y intégrer 1 c. à soupe de zeste d'orange finement râpé.

    samedi 23 avril 2011

    Agneau pascal


    Il était une fois un petit agneau qui avait très soif. Il aurait pu boire à l'abreuvoir, comme tout mouton qui se respecte, mais, jouant les ado rebelles, il décida d'aller seul à la rivière. Ce qui devait arriver arriva, il rencontra un loup qui avait plus faim que soif. L'agneau tenta une approche par le dialogue, suivant en cela les cours de gestion de conflit qu'il avait eus un peu plus tôt.  Non il ne polluait pas l'environnement, le fumier de mouton, c'est un engrais bio. Il n'avait jamais vu non plus le loup, était fils unique et n'avait aucune connaissance d'un contentieux familial antérieur avec le loup. Le loup à court de prétexte utilisa la seule approche raisonnable dans son cas, la force et la mauvaise foi. Il décida donc de fêter sa providentielle rencontre par quelques côtelettes et un bon gigot en pique nique sylvestre.
    Triple moralité à l'histoire :
    Quand on est un petit agneau faiblard, on ne va pas jouer les gros bras à la rivière, on boit au bac commun.
    Les loups manquent de savoir vivre, le gigot s'accompagne d'ordinaire de flageolets.
    A Pâques, mangeons de l'agneau pascal.








    pour un agneau moutonnant :
    • 70 g de farine T45
    • 40 g de fécule de maïs
    • 3 oeufs
    • 110 g de sucre semoule
    • sel
    Préchauffer le four thermostat 180°C.
    Ouvrir le moule mouton (ici par exemple), le beurrer copieusement et le fariner généreusement.
    Battre les oeufs avec le sucre et le sel jusqu'à ce que le mélange blanchisse et mousse. (10 minutes environ au batteur électrique, vitesse maximale)
    Mélanger la farine et la fécule.
    Les ajouter délicatement et petit à petit au mélange oeufs /sucre.
    Verser la pâte dans le moule mouton jusqu'aux 3/4.
    Cuire entre 20 et 30 minutes à 180°C selon la grosseur de l'agneau.
    Démouler sitôt cuit, saupoudrer de sucre glace une fois l'agneau complètement refroidi.
    Traditionnellement, les agneaux ont un ruban autour du cou et une bannière plantée dans le dos.

    dimanche 10 avril 2011

    Pancakes

    Une nuit d'insomnie, je passai désabusée d'une chaîne à l'autre quand je tombai sur une émission de cuisine. Même à 3 heures du matin, j'ai encore un intérêt prononcé pour ce genre de programme. Une accorte ménagère manifestement anglo-saxonne se démenait sur l'écran dans une cuisine, qui comme toutes les cuisines télévisuelles, comportait  un haut comptoir, les cuisines de télé n'ont jamais de table. Devant elle s'étalaient toutes sortes de légumes si beaux et si brillants qu'on eût dit les jouets d'une dînette. Le programme était doublé en surimpression de la voix américaine et l'ensemble faisait un écho étrange. La brave dame, sanglée dans un tablier, discutait à bâtons rompus avec un homme pour qui manifestement, une cuisine était d'un exotisme consommé. Perché sur un tabouret de l'autre côté du comptoir, il contemplait un oeuf d'un air circonspect. Au moment où mon esprit réussit à se concentrer suffisamment pour comprendre ce dont il s'agissait, la présentatrice annonçait : "Une horde d'adolescents affamés envahit votre maison, il n'y a qu'une solution !" Je pensai aussitôt : "La fuite." Mais ce n'était pas à l'ordre du jour. Il s'agissait d'une poêlée de légumes. Alors qu'on pourrait faire des pancakes !



    pour une soixantaine de pancakes :
    • 250 g de farine T65
    • 3 oeufs
    • 400 ml de lait
    • 30 g de sucre en poudre
    • 1 sachet de levure chimique
    • sel
    Mélanger la farine, le sucre, le sel et la levure. Creuser un puits.
    Y casser les oeufs, délayer en ajoutant petit à petit le lait.
    Cuire aussitôt par cuillerée à soupe dans une crêpière à feu vif.
    Servir avec de la confiture ou du sirop d'érable.

    samedi 26 mars 2011

    Marbré !

    Au self, à midi, nous avons eu à faire face à un choix cornélien. Voulions-nous de la crème vanille ou de la crème chocolat ? Panachage interdit. Comme disait Gide, choisir c'est renoncer, bien que je sois à peu près sure qu'il ne parlait pas de dessert. Et j'ai renoncé à la vanille, de manière stratégique, je l'avais déjà goûtée et elle n'était pas inoubliable. En fait non, je m'en souvenais très bien, sa saveur artificielle était inoubliable. Et là, déception, le chocolat valait son corollaire vanillé. En rentrant, ma première occupation fut de résoudre le dilemme du déjeuner : une alliance vanille chocolat. Et c'est là que j'ai été rappelée à une dure réalité, nous sommes vendredi et je n'ai pas encore fait les courses. Faisons avec ce qu'il y a dans les placards, un marbré donc.



    pour un marbré de taille honnête :
    • 300 g de farine
    • 300 g de sucre
    • 250 g de margarine
    • 1 sachet de sucre vanillé
    • 4 oeufs
    • 200 ml de crème fleurette
    • 1 sachet de levure chimique
    • 1 c. à soupe de cacao en poudre
    • 1 c. à soupe de lait
    • sel
    Préchauffer le four à 180°C.
    Battre les oeufs en mousse avec le sel et les sucres au batteur électrique.
    Ajouter la crème puis la margarine toujours au batteur.
    Ajouter la farine mélangée à la levure chimique, encore au batteur.
    Verser les 2/3 de la pâte dans un moule à cake beurré s'il n'est pas en silicone.
    Incorporer le cacao et le lait dans le reste de la pâte et verser le reste de pâte dans le moule.
    Cuire à 180 °C entre 45 et 60 minutes.

    vendredi 25 mars 2011

    Nounours au chocolat

    - Aujourd'hui, j'ai très envie de chocolat, est-ce grave docteur ?
    - Non, il ne faut pas s'inquiéter outre mesure aux premiers symptômes, mais pour enrayer tout ça, je vous prescris un gâteau au chocolat, 2 tranches à midi et 2 tranches le soir, si cela persiste, prenez aussi 2 tranches au goûter. Et même pour plus de résultats, préférez un nounours.
    - Si c'est médical alors, bien obligée de le faire...
    Et voilà comment on peut en venir au nounours en chocolat.






    pour un nounours en chocolat raisonnable :

    • 100 g de chocolat à pâtisser
    • 2 oeufs
    • 30 g de farine
    • 50 g de sucre en poudre
    • 90 g de beurre
    • sel
    Préchauffer le four à 180°C.
    Faire fondre au bain-marie le chocolat et le beurre.
    Y ajouter au fouet le sucre puis la farine, mélanger.
    Incorporer les jaunes d'oeufs d'un fouet énergique.
    Monter les blancs en neige avec le sel.
    Ajouter les blancs en neige à la pâte précédente.
    Verser dans un moule nounours en silicone.
    Faire cuire 20 à 25 minutes à 180°C.